Contemporain, Parlons bouquins...

Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb

riquet-a-la-houppe

En un mot (ou plusieurs)

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

Et alors?

Après Barbe bleue, Riquet à la houppe est le deuxième conte de Charles Perrault raconté par Amélie Nothomb.

Mon premier ressenti, alors que je n’étais qu’à une vingtaine de pages de lecture, a été de me dire qu’une fois de plus, il n’y avait bien qu’elle pour aborder un tel sujet de cette manière.

Le conte de Perrault c’est la rencontre d’un petit garçon laid et hautement intelligent et d’une petite fille sublime mais sans esprit. Ils vont grandir et leur routes vont un jour se croiser. Ensemble ils se complètent: elle, en lui offrant la beauté et lui, son esprit. Le Riquet à la houppe de Nothomb, c’est la même histoire, Déodat (lui) et Trémière (elle) made in 2016.

Si je pense à l’oeuvre dans son entier, je dirai que j’ai apprécié les deux tiers du livre, mais je me demande si ce n’est pas principalement dû a mon manque de culture Perraultesque (j’avoue que j’ai regardé en quoi consistait le conte original après ma lecture). En revanche, la fin m’a quelque peu déçu, trop prévisible à mon goût. Et c’est sans mentionner toutes les références aux oeuvres de Balzac sur les dernières pages. Là elle m’a perdu et j’ai immédiatement décroché. C’est sans doute très intéressant mais ce n’est pas ce que je recherche quand j’ouvre un livre de Nothomb.

En ce qui concerne le sujet du roman qui est la beauté et l’intelligence, c’est une approche différente de ce que l’on a l’habitude de voir. J’ai aimé qu’elle traite de ce sujet: qu’elle parle des différences de chacun qui fait que nous sommes tous uniques. Qui dit différences, dit aussi regard extérieur. Que ce soit durant l’enfance, l’adolescence ou l’âge adulte, ils vont sans cesse être confrontés aux regards et jugements des autres. A travers le jugement, elle aborde d’ailleurs à sa manière l’impact de l’effet de groupe et le harcèlement que ça peut engendrer à l’école.

Comme d’habitude, j’ai apprécié retrouver la fantaisie de Nothomb et de croiser ici et là quelques passages à l’humour mordant; cependant, je me lasse un peu de ces revisites de contes. J’espère qu’elle saura rebondir et nous proposer dans le futur un roman ou une autobiographie comme elle seule en a le don.

Pour finir, est-ce que je le recommanderai? Ce n’est pas un livre qui m’a laissé une grande impression et ce n’est sûrement pas le titre qui me viendrai en tête si on me demandait un livre typique d’Amélie Nothomb.  Et vous, vous en pensez quoi de ces revisites?

Si je ne devais retenir qu’un passage…

Il (Deodat) n’eut aucune des attitudes que l’on prête aujourd’hui aux enfants surdoués: il était trop intelligent pour penser qu’il ne lui restait rien à apprendre. Même quand il savait, il s’intéressait à la manière dont l’instituteur expliquait. Et lorsqu’il n’écoutait pas, il observait les élèves à la dérobée: un instinct le poussait à la camaraderie. Ceux qui le huaient en groupe, pris isolement, ne semblaient pas disposés à le détester. La récréation n’était pas le moment le plus opportun pour s’approcher d’eux, qui cessaient alors d’être des individus pour devenir une cohorte.

Extrait de Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb

1 réflexion au sujet de “Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s