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Le sabotage amoureux d’Amélie Nothomb

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Saviez-vous qu’un pays communiste, c’est un pays où il y a des ventilateurs ? que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin ? Qu’un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n’est qu’un épilogue ? Vous l’apprendrez et bien d’autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d’amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans.

Mon avis

Je cherchais un livre très court à lire, une envie soudaine de lire une histoire en une journée tout en me laissant un peu de temps pour faire autre chose (et aussi histoire de dire que j’ai sorti mon nez dehors vu qu’il faisait beau). Quoi de mieux qu’une nouvelle d’Amélie Nothomb! Donc je continue donc mes lectures de l’oeuvre de Nothomb. Ca fait un peu pompeux dit comme ça, et pourtant ce fut tout le contraire avec Le sabotage amoureux.

Ca m’a pris presque tout le livre, enfin les 124 pages, pour comprendre le lien entre le roman et le titre. Pourtant c’est logique mais pour une raison qui m’est inconnue, ça n’a pas fait tilt dans ma tête. Le sabotage amoureux c’est en effet une histoire d’amour. Pas l’amour dont on a l’habitude, non. Celui qui est indescriptible, juste à cheval entre amour et amitié, celui que l’on connaît surtout dans nos jeunes années alors que l’on a encore aucun filtre.

Nous le savons tous, les enfants peuvent être si durs et méchants sans que ce soit voulu, juste parce qu’ils sont naturels et qu’ils ne perçoivent pas toujours l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’environnement et les autres. C’est cette histoire qu’Amélie Nothomb nous raconte; je suis tentée de dire la sienne car le récit est écrit à la première personne et les détails correspondent à la jeunesse de Nothomb.
Donc c’est le récit de cette petite fille de 7 sept ans, fille d’un diplomate qui vient d’être muté en Chine. La sa famille et celles des autres diplomates se retrouvent à vivre en vase clos. Les enfants décident de mener une guerre de quartier, pourquoi? Parce que… Mais cette petite fille se crée un monde, un monde imaginaire ou elle en est le centre, du moins elle le croit. Jusqu’au jour ou elle rencontre une nouvelle venue, Elena, dont elle tombe ‘amoureuse’ en un instant.

J’ai adoré les 2/3 du tiers du livre, celui ou Amélie nous décrit le monde de la jeune fille à l’ego surdimensionné. Les comparaisons sont délirantes, égocentriques, totalement excentrées de la réalité. Est-ce un échappatoire ou le fruit d’une imagination débordante? Un peu des deux j’imagine mais ce fut avec plaisir que je me suis laissée entraîner dans cette spirale fantaisiste. J’ai aussi aimé les passages de la ‘guerre’ entre enfants de plusieurs nations. Qui n’a pas joué à la guerre étant petit, les gentils contre les méchants? Et les petits monstres du roman ont beaucoup d’idées quand vient le moment de faire payer l’adversaire. On se croirait dans la guerre des boutons tant ils peuvent être méchants.
En revanche, le rapprochement du narrateur et d’Elena a été un peu rébarbatif à mon goût. Pourtant c’est sûrement là le but du livre mais les je-t-aime-moi-non-plus m’ont vite ennuyé.

C’est un roman difficile à décrire tant il est juste atypique. Il se lit vite et vraiment la vie imaginaire du narrateur vaut vraiment la lecture. J’ai l’espace d’un court moment eu l’impression de revenir moi-meme en enfance.

Si je ne devais retenir qu’un passage…

Moi, j’avais des fonctions importantes.
J’avais un cheval qui prenait les trois quarts de mon temps.
J’avais des foules à éblouir.
J’avais une image de marque a préserver.
J’avais une légende à construire.
Et puis, surtout, il y avait la guerre: la guerre épique et terrible du ghetto de San Li Tun.
Prenez une ribambelle d’enfants de toutes les nationalités: enfermez-les ensemble dans un espace exigu et bétonné. Laissez-les libres et sans surveillance.
Ceux qui supposent que ces gosses se donneront la main avec amitié sont de grands naïfs.

 Envie d’en savoir plus?

Edition: Livre de Poche                                                                       Première publication: 1993
Pages: 124 pages                                                                                         Genre(s): Contemporain

Site internet de l’auteur: www.amelie-nothomb.com

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