Contemporain, Parlons bouquins...

Péplum d’Amélie Nothomb

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Est-il possible que l’ensevelissement de Pompéi ait été un hasard, alors qu’il a été  » le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues  » ? Selon la romancière, il s’agit d’un coup monté par les archéologues du futur. Cette supposition lui vaut justement d’être enlevée de sa chambre d’hôpital où elle vient de subir une opération. Lorsqu’elle se réveille, elle est en l’an… 2580. Elle consigne soigneusement son dialogue houleux avec le savant Celsius.
Entre cet homme fâché d’avoir été deviné et cette jeune femme énergique et furieuse contre ses ravisseurs s’instaure une vive et stimulante discussion sur le réel, le virtuel, le voyage dans le temps, la grande guerre du 26e siècle. Les devisants abordent aussi des questions de morale, de philosophie et d’art.

Mon avis

Soyons honnêtes, la quatrième couverture ne me plaisait pas plus que ça mais bon, j’avais envie d’une lecture rapide et je m’étais promise de lire tous ses livres. Vu que ça fait quelques mois que je l’avais emprunté, il allait bien falloir que je me jette à l’eau à un moment ou un autre. Donc chose due, chose faite.

Une fois de plus, ce roman est écrit à la première personne et clairement l’auteur affirme que le narrateur n’est personne d’autre qu’elle-même. Donc Amélie a cette idée farfelue (étonnant n’est-ce pas?) que le drame de Pompéi a été le résultat d’un acte malveillant venant du futur. En émettant cette hypothèse à haute voix, elle ne se doutait pas qu’elle puisse être vraie et qu’en plus celui qui était à l’origine de l’ensevelissement de Pompéi puisse l’entendre et la transporter à son époque, c’est-à-dire en 2578.

Ainsi commence une joute verbale unique dont Amélie Nothomb raffole. D’un coté, la narratrice veut retourner à son époque en 1995 et est tout de même intriguée par ce qu’est devenu le monde en 583 années  alors que le savant, prénommé, refuse de la laisser repartir car elle risquerait de tout dévoiler et c’est tout simplement inconcevable pour lui. Tout oppose les deux personnages de par leurs croyances, leurs caractères, leurs environnements. Autant le dire ils ne s’apprécient guère et ça ne va pas aller en s’améliorant. Mais comme ‘Qui aime bien, châtie bien’ ça donne des airs de parade nuptiale à la je-t-aime-moi-non-plus.

J’ai trouvé ce texte fouilli partant dans tous les sens et ça m’a vraiment handicapé dans ma compréhension des le début. Le mélange scientifique vs beauté du patrimoine a fini par m’achever et donc je ne ressors pas de cette lecture très convaincue. Heureusement que les répliques corrosives, cyniques, déjantées et parfois dérangeantes (voir l’extrait ci-dessous) entre Amélie et Celsius étaient là pour donner un peu de vie et de dynamisme à ce court récit. En conclusion, celui-là ne fera définitivement pas parti de mes favoris.

Si je ne devais retenir qu’un passage…

Au milieu du XXIIeme siècle, l’humanité a été forcée de choisir: quelle catégorie humaine allait-on sacrifier? Les handicapés? Ils n’étaient pas assez nombreux. Les Chinois? Ils étaient trop puissants. Les gens trop laids? Le critère était flou. Les intellectuels? Ils étaient amusants. Les gros? On les aimait bien. Et puis, pourquoi chercher si loin, quand il existait une race aussi déplaisante que les pauvres?
Les pauvres: pouah! Quelle espèce détestable. Savez-vous pourquoi les pauvres étaient haïssables? Parce qu’ils donnaient mauvaise conscience. Quand on croise un boudin ou un malade mental, on ne se sent pas coupable: c’est un boudin parce que c’est un boudin, c’est un malade mental parce qu’il est né comme ça. Mais quand on se retrouvait nez à nez avec un pauvre, il était difficile de ne pas se dire: « Si je lui donnais la moitié de mon avoir, il ne serait plus pauvre. » Ca aussi, c’est de la logique.

Envie d’en savoir plus?

Edition: Le livre de poche                                                                   Première publication: 1998
Pages: 154 pages                                                                                         Genre(s): Contemporain

Site internet de l’auteurwww.amelie-nothomb.com

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